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Catégorie : Portfolio

Une bonne carapace bleue dans la tronche !

Hello le Mosh Pit !

A qui est destiné le titre de cet article ? A vous de deviner et de vous faire votre propre idée de l’histoire. Moi, j’ai récemment fêté mes 38 ans. Je suis vieux et ma nouvelle année ne commence pas très bien, parce que j’ai attrapé froid et qu’en plus de ça, je fais une anémie. Forcément, je n’ai pas été malade depuis longtemps, il fallait bien qu’un jour ou l’autre, je prenne plein tarif.

Je n’ai pas cessé de travailler, plus que d’habitude d’ailleurs, depuis que j’ai rejoint un espace de coworking à Nîmes. Etre entouré de gens qui sont dans le même état d’esprit que toi, c’est très motivant pour le travail, même si il faut reconnaître qu’à côté d’eux, même en ayant le même âge, j’ai l’air d’un gamin, autant dans le physique que dans le comportement. En parlant de la ville avec un accent, il y a la féria ce week-end et j’ai déjà dit que j’étais trop vieux pour ces conneries.

J’ai beaucoup trop travaillé, j’ai fait plein de tutoriels pour me former à Godot, pour aiguiser mes compétences, et de développement et de composition musicale. J’ai beaucoup avancé, évidemment, j’avais besoin d’une carapace bleue pour me dire « Stop ! ». Résultat, maintenant je passe mon temps à prendre soin de moi et à ne rien faire d’autre que de jouer à Octopath Traveler 0 que je n’ai pas encore terminé.

Mon fanart !

C’est ça, la carapace bleue dont j’avais besoin. Alors je l’ai dessinée en quatre frames. Comme je suis malade, c’est perfectible.

Carapace bleue, par Hefka
Carapace bleue, par Hefka

Comme modèle, j’ai pris le cadeau que je me suis fait à moi-même : une magnifique lampe carapace bleue en jouet que j’ai acheté à Cultura.

La carapace bleue dans Mario Kart

Pour ceux qui n’ont jamais joué à Mario Kart, la carapace bleue est une arme injuste qui assomme le concurrent en tête de la course. C’est aussi la cause de nombreuses disputes familiales et conjugales ! J’ai toujours aimé la symbolique qu’il y avait derrière l’injustice de ce jeu. Même si tu connais tous les circuits et les personnages par cœur, tu n’es jamais à l’abri d’une carapace bleue (ou de la foudre). Même si tu es maître de ta catégorie et loin devant la concurrence, tu peux te faire abasourdir et tout perdre du jour au lendemain.

Carapace bleue du monde réel !
Carapace bleue du monde réel !

Retour à Gensokyo

J’ai également acheté le remaster de Touhou Koumakyou. C’était le premier épisode à être grand public après les épisodes obscurs sortis sur PC98. Il est plus connu sous le nom de Embodiment of Scarlet Devil aujourd’hui. Nous y retrouvons donc la vampire Remilia qui avait un caractère de cochon, le début de la Team 9 avec Rumia qui, bien que peu connue, à quand même réussi à avoir son propre fangame jeu de rythme (si si je vous assure ! Ca s’appelle YoiYami Dancers). En plus de Rumia, nous avons aussi la populaire Cirno qui est le personnage favori de pas mal de lol- Heu, ahem ! Je disais donc, personnage favori des fétichistes des pieds.

Touhou Koumakyou

Pourquoi je parle de Touhou ? Parce que là, je parle de l’épisode 06 qui avait franchement besoin d’un remaster – l’original était en full Japonais. Je ne m’attendais pas à ce que le remaster soit traduit jusqu’en Français, et la traduction est au poil en plus ! Mais je n’ai pas parlé de l’épisode 19 qui contient « un peu » d’intelligence artificielle générative, ni de l’épisode 20 qui contient « de » l’intelligence artificielle générative.

Si tu laisses tout faire
Pour gagner du pognon
Tu finiras mon frère
Les pieds dans le goudron

Massilia Sound System – MCs (album Occitanista)

J’en parle aussi parce que c’est le jeu qui a inspiré Warcat Parade, mon propre bullet hell. Ouais mon p’tit pote ! Alors, évidemment, sur Fedi, l’introduction de l’IA dans Touhou ça a fait un tollé – inutile de vous dire de quel côté j’ai été quand j’avais l’impression qu’on m’avait brisé le cœur. Vous l’avez compris, je vais encore vomir un pamphlet contre l’IA. Même si j’ai un cosplay de Reimu Hakurei et de Rin Kaenbyou dans ma garde-robe.

J'suis bonne.
J’suis bonne.

Allons de l’arrière

Quelques heures avant la publication de cet article, un article est apparu sur 404 média dans lequel des ingénieurs (plus ça va et plus je déteste ce mot !!!) de Microsoft et d’openAI ont avoué que l’intelligence artificielle et le machine learning était basé sur le vol d’art le plus massif de toute l’histoire de l’humanité – je suis à peu près certain que même pendant la seconde guerre mondiale, le régime totalitaire Allemand n’en avait pas profané autant. Pire encore : ils le savaient. Ils le savaient !

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Qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? Ils vous le disent eux-même ! Alors, si c’est ça le futur, si vous défendez l’intelligence artificielle sous prétexte que « nous sommes une civilisation évoluée » (évoluée par rapport à quoi ?), sous prétexte que « nous utilisons l’intelligence artificielle parce que ça existe » (au passage, je vous rappelle que les guillotines existent aussi) ou que « Nous sommes en 2026 », alors je ne souhaite qu’une seule chose : que nous détruisons les datacenters, l’intelligence, et même internet s’il le faut. Aux grands mots les grands remèdes. Parce que pour le coup, ces ingénieurs qui se prennent pour l’élite de la société, c’est eux qui ont le plus besoin de se prendre une carapace bleue dans la tronche.

J’ai retrouvé mon premier journal !

Quand j’avais 10 ans, nous étions en 1998. La France avait remporté sa première étoile à la FIFA contre le Brésil dans un match qui était beaucoup plus intéressant que ceux que j’ai eu sur Tinder (et j’aime pas le foot). J’avais aussi lancé une prédiction folle comme quoi « une guerre nucléaire ne détruira pas le monde… Mais l’intelligence artificielle détruire l’humanité. ».

Hefka, Chapitre 0
Bordel sur journal

Quelques jours avant mon anniversaire, j’ai également fait un cauchemar atroce qui, j’espère, n’était pas une prédiction – si c’est le cas, alors spoiler alert : profitez de la vie, dans moins d’un an nous sommes tous bons pour manger les pissenlits par la racine.

Hefka, Chapitre 0
Ne réfléchis pas avant d’agir

Bref, je continue le journaling et j’ai bientôt terminé d’écrire le « chapitre 2 » de mon « blog sur papier ». Hé bien, j’ai commencé le journaling en 2019, alors que j’étais à Lyon. Nous avions reçu un journal en guise de cadeau de bienvenue dans le centre de formation où j’ai été qui était spécialisé dans le syndrome d’Asperger (mes fesses ! Je pourrai écrire tout un article sur cette école). Autant dire que j’ai rentabilisé le journal mais que je n’avais pas fait dans la couleur ni dans les bons sentiments.

Hefka, Chapitre 0
Overdose d’informations

Un mot sur cette école que je refuse de mentionner (oh, et puis si en fait.. Continuez de lire cet article). Ma santé mentale, ma famille, mes amis de l’époque… J’ai perdu tout ce que je pouvais perdre dans cette école. Ils ont censuré mon commentaire sur Google – à l’époque où ma haine envers les GAFAM était encore supportable et où l’IA générative n’existait pas -, je l’ai reposté. Il était destiné aux autistes pour leur dire de ne pas se faire avoir.

Hefka, Chapitre 0
Crise de nerfs

Un jour, des journalistes de France 2 sont venus dans notre salle de classe et… j’ai compris beaucoup de choses ce jour-là. Ils étaient jeunes, ils voulaient faire quelque chose de bien, mais ça se sentait qu’il y avait les patrons derrière qui faisaient « Qui c’est qui vous paie ? ». Et le premier red flag, c’est qu’ils ont interrogé toute la classe qui était consentante (c’est-à-dire pas moi) et que la seule qui est passée à la TV était Marocaine. Donnez à manger à l’extrême-droite. Le deuxième, c’est qu’ils posaient quatre fois la même questions à mes camarades… Sauf qu’un autiste, s’il le faut, ça donne quatre fois la même réponse.

Ca leur a pas plu...
J’ai posté ça sur LinkedIn à l’époque. Ca leur a pas plu…

Il y a un tas de choses qui m’énervent et qui me mettent hors de contrôle. On dirait que les humains ne savent plus s’émerveiller tellement le monde est devenu laid. Soyons clair : j’aime la vie et, contrairement à ce que laissent penser les apparences, je suis très positif. Si je me suis forgé un fort caractère et que je joue le guerrier rebelle, c’est pour une seule raison : je ne supporte pas qu’on insulte la vie voire qu’on la détruise. Alors, bordel de merde, maintenant vous allez douter de tout, ne pas prendre tout ce qu’on vous dit pour argent comptant (c’est valable pour mon blog aussi), respecter les limites des autres et placer vos limites aussi. La vie est belle, respectez-la. Que ce soit celle de vos ennemis, celle de vos amis, celle de votre entourage ou même la vôtre.

Sotakissa kävelee yksin, perkele.
Hefka

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Mon fantasme suprême.

Wake The Dead

Je fais partie d’un collectif de compositeur depuis voilà plusieurs années. Ça remonte à quand j’habitais encore dans la région de Lyon. Ce collectif, c’est le « Music Weeklies Challenge », nous sommes une communauté active dont le principe est le suivant. Chaque semaine, il y a un thème qui nous est imposé et on doit composer avec – le jeu de mot n’était pas volontaire.

Ma pièce maîtresse reste quand même Kuolema qui a d’ailleurs été composé pour ce challenge, avec le thème Death Metal. Le thème de cette semaine de début Septembre, c’est « Catacombes ». La première chose à laquelle j’ai pensé a été le jeu vidéo « Tevi » parce que, bien évidemment, comme je ne fais absolument rien comme tout le monde, je ne pense comme personne non plus. Est-ce une force ou une faiblesse, je n’en sais rien.

Dans le jeu vidéo « Tevi », développé par CreSpirit, les créateurs de Rabi-Ribi, nous y jouons une ingénieure lapine qui, en plus de sortir des punchlines cinglantes, tape sur tout ce qui bouge dans un metroidvania aussi mignon que celui dont il est le successeur. Il y a une zone dans des catacombes et j’ai adoré la musique bien « boum boum ».

Donc, est-ce que j’avais envie de faire de la musique chiptune qui fait bleep bleep cette fois ? Non, j’avais envie de faire de l’electro dark qui fait boum boum. La première raison est que j’ai terminé un projet massif de musiques chiptune payantes que les développeurs pourront utiliser dans leurs projets, en partenariat avec Gotcha Gotcha Games – Ouais je flex parce que travaille avec le Japon, hein qu’est-ce que tu vas faire ? Ahem. La deuxième raison est que j’ai investi dans BitWig pendant qu’il était bradé cet été. Le gros avantage avec ce DAW, c’est que c’est l’un des seuls qui tourne nativement sous Linux et qu’il ressemble fortement à Ableton dont j’étais un utilisateur régulier. Il me semble avoir lu que Bitwig a été développé par des ex-membres de l’équipe de Ableton ?

Mon fantasme suprême

La communication. Ca n’a jamais été mon point fort. La première preuve, c’est ma vie sentimentale. Enfin, plutôt l’absence (de vie sentimentale). La deuxième, c’est le fait que je n’ai pas été embauché une seule fois et pourtant, des CVs j’en ai envoyé plus d’un millier.

Concernant ce dernier détail, j’ai pu contourner le problème d’une façon magistrale. En effet, pourquoi je devrais chercher du travail si, créatif que je suis, je suis capable de réaliser le travail moi-même ? L’idée de fonder Hefka Games est arrivée comme ceci, de fil en aiguille. Malheureusement, ça ne marche pas avec la vie sentimentale.

C’est aussi la raison pour laquelle j’ai du mal à percer et que je stagne. Je suis fidèle à un principe : je déteste emmerder les gens et je n’aime pas les forcer. Ce qui est contraire à l’idée que l’on se fait de la publicité et même de l’auto-publicité. Lorsque je parle de mon travail, l’on me rétorque souvent que je suis égocentrique, alors tu te doutes bien qu’à un moment j’ai arrêté. J’ai un compte sur Mastodon, j’ai pu passer la barre des cent followers, j’en suis très content à l’heure où certains ont un nombre d’abonnés à cinq chiffres.

J’ai un côté obscur – il s’appelle Äefyekaaos – qui supporte mal le bonheur des autres et me protège pendant que j’essaie de me persuader que je mérite le bonheur, l’amour, la reconnaissance et que sais-je encore. Pour le moment je ne sens bien seul. Là est bien le paradoxe de l’anxiété sociale : je déteste être seul et j’emmerde la société.

Il y a même des tas de vérités que je dis tout haut et que tout le monde préfère garder sous silence pour ne pas se faire tabasser par la milice de la Dictature du Bien. A un moment, il va bien falloir que je le dise : sur les GAFAM je suis censuré (premier degré : je suis carrément banni), sur le FEDI je suis tout juste accepté. Dans tous les cas, les autistes finissent oubliés des deux côtés parce que chacun défend son camp et ses intérêts.

San... Roku...
San… Roku…

Il y a un paquet de cons à qui je voudrais faire avaler ma pancarte Free Hugs et mes deux queues de nekomata, à commencer par les cosplayers, cette gaystapo des conventions qui aime bien les trans mais pas trop les autistes. Attention, j’ai pas dit que les trans ne méritaient pas de traitement de faveur, j’ai dit que ce qui est valable pour une minorité doit aussi l’être pour l’autre.

Crachez-moi dessus autant que vous voudrez, vous savez que c’est la vérité. Avec ces délires de gauche « La ferme des animaux » et de droite « 1984 », je n’ai nulle part où me placer. Et vous savez quoi ? C’est très bien comme ça. Le monde continuera d’être un grand merdier où chacun défend son drapeau, comme le goulet de truc machin bidule dans World of Warcraft. La seule chose à retenir de ce paragraphe est que Georges Orwell est un auteur que j’admire beaucoup car il a réussi à tacler toutes les convictions politiques majeures et à les réduire à l’état de poulpe sanguinolent.

Ce qui a toujours été et est toujours… mon fantasme suprême.

Hefka

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Kuolema et quart d’heure de crise

Hello le Mosh Pit !

Kuolema. D’abord, ça veut dire « mort » en Finnois. Ensuite, c’est ma pièce maîtresse en terme de chiptune. J’ai passé du temps sur ce morceau. Le contexte était le suivant. je fais partie d’un collectif de compositeur, le Music Weeklies. En ce moment, on est un peu en veille et j’avoue qu’avec mes projets de DLC pour RPG Maker, beh j’ai pas trop le temps de composer à côté aussi. Enfin, je vais pas me plaindre d’avoir des projets, hein.

Donc, le thème imposé, cette fois-ci, c’était « Death Metal ». Et autant dire que j’ai commencé mon parcours de mélomane en plein dedans avec « The Archaic Abattoir » du groupe belge Aborted. Un CD que j’ai prêté et qui ne m’a jamais été rendu, au passage.

Mon hyperacousie

J’ai un parcours particulier avec la musique parce que je souffre d’hyperacousie. Je veux dire que j’entends tout en beaucoup plus fort que les autres. On pourrait croire que ça me permet d’être moins sourd que les autres mais en réalité, c’est l’inverse qu’il se passe. Supposons qu’on est dans un repas entre potes et qu’une mouche vole dans le salon. Je ne vais entendre que la mouche, si bien que le bourdonnement de ses ailes va passer au-dessus des conversations.

Je vous ferai l’impasse, notamment parce que de cet article ce n’est pas le sujet (et bam, anastrophe dans ta face !), sur ma surdité à peu près sélective quand je suis dans la rue avec quelqu’un. On me parle alors que je suis derrière ? J’entends rien. On me parle et une voiture passe à côté de nous ? J’entends rien non plus. Mon téléphone n’est pas sur vibreur ? Tu pourras pas me joindre. Ça doit être pour ça que je suis mal à l’aise au téléphone.

D’ailleurs, ça doit aussi être une raison de plus pour laquelle les examens oraux à l’école étaient un purgatoire pour moi. Il fallait que je me concentre juste pour que j’entende ce qu’on me disait, et ce, même dans la langue maternelle qu’est celle de Molière. C’est sans doute pour ça que ça finissait par une envie de casser la table et les noix du jury.

Zeugmaaaaaaaaaaaaaa
Zeugmaaaaaaaaaaaaaa

Comment je me suis retrouvé à devenir compositeur ? Je sais pas ! En plus, au collège, j’avais un professeur de musique qui était un gros taré, si bien qu’il a réussi à me faire détester la musique au sens large. Heureusement qu’il y a eu le Metal durant mon adolescence, avec, entre autres, l’un des deux groupes de mon adolescence, Linkin Park.

Un quart d’heure de crise !

Donc, le 1er Septembre sortira « Quart d’heure de crise ». C’est un petit album de quatre pistes et Kuolema, dont la vidéo a été posté au-dessus en fera partie. Il sera disponible sur presque toutes les plateformes de streaming, parce que évidemment, je boycotte Spotify pour des raisons évidentes. Je compte sur vous pour faire passer le mot et pour y prêter une oreille attentive ! Ces quatre pistes ont été composées sur LSDj avec une Game Boy et peuvent tourner sur une vraie Game Boy !

Quart d'heure de crise
Quart d’heure de crise

Evidemment, je suis radicalement anti-IA et je n’autorise personne à entraîner une machine sur mon travail. Soutenez les artistes. C’est très méchant ce que je vais dire, mais…

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Nyan nyan bim bam boum kyuu kyuu pew pew pewwww.

Hefka Le Nekopunk

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Une gazelle parmi les chiens

Avertissement sur le contenu : ce texte est purement fictif et raconte l’histoire d’une fille que l’on devine prodige et qui se retrouve réduite à devenir une travailleuse du sexe sans le vouloir. Il est sujet de choses sensibles, telles que la dépression.


Est-ce que tu peux t’imaginer avec deux enfants à nourrir
Tu retournes tes poches, pas l’ombre d’une pièce de monnaie
Personne ne veut t’embaucher et le temps te regarde courir
Devenir une camgirl est la seule option pour ne pas mendier
Tu militais contre la patriarchie, réclamant le respect
Et te voilà à alimenter la machine folle que tu méprises
Mais pas le temps de réfléchir, tu insères tes coordonnées
Et voilà les premiers abonnés arrivent sans grande surprise
L’homme est laid et facile à manipuler, tristes règles du jeu
Tu te formes sur le tas à un métier que tu ne voulais pas faire
Ton destin d’enfant prodige, la vie en a fait du feu
Plusieurs photos se vendent à des inconnus en pleine misère
Hors diffusion tu réfléchis aux pires scénarios possibles
Attention y’a toujours un nuisible, jamais à l’abri d’un revers
Ca peut toujours déraper, et si on te reconnaissait en ville
Imagine ce que tu vis quand même le repos à un goût amer

Est-ce que tu peux t’imaginer, camouflant ton mal-être
A t’exposer devant des mecs en chien que tu ne connais pas
A compter les secondes debout, esseulée devant ta fenêtre
Où est passé ton passé dépassé, il ne reviendra pas
L’argent permet de nourrir tes enfants et ton loyer
Mais il reste bien loin de faire ton bonheur et ton sourire
Stigmatisée, réputation noyée, il ne reste que le bûcher
Tes proches demandent des nouvelles, t’es obligée de mentir
La honte permanente, l’humiliation, et personne ne s’inquiète
Tu penses aux autres camgirls sur ces sites, venues d’elle-mêmes
Tu sais que tu ne seras jamais comme elles, le cœur en miettes
Et s’ajoute le syndrome de l’imposteur à la masse de problèmes
Et pourtant, sans trop y croire tu entretiens une lueur d’espoir
Mais pour le moment, vivre un jour de plus est le seul objectif
Quand les diffusions se terminent, tu es seule dans le noir
Et toi, qu’est-ce que tu ferais à sa place avec un canif ?

Et dans tes rêves tu voyages librement sur la planète Terre
Tu découvres des tas de cultures tant différentes que merveilleuses
Tu t’enrichis de savoir et de sagesse, tu changes d’air
Tu te mets à la place de ces locaux à l’existence bienheureuse
Alors que moi aussi je rêvais de mettre le feu au système
En prônant la révolution mais seulement derrière un écran
Je voulais détruire ces destructeurs qui nous gangrènent
Ceux qui effacent nos sourires, ceux qui font couleur le sang
Je voulais la même chose que tout le monde, être heureux
J’aurais voulu être libre, j’aurais voulu que le monde soit meilleur
J’aurais offert à qui veut l’entendre de quoi vivre joyeux
Et voilà qui je suis en vérité : un poète sensible au malheur
Quand tu goûtes des tas de mets exotiques, la misère est finie
L’espace d’une seconde tu voyages aux quatre coins du monde
Tu es devenue la maîtresse de ton destin, tu écris ta vie
Et tu retombes dans la réalité, rattrapée par ta propre ombre

Est-ce que tu peux t’imaginer, t’as percé sans le vouloir
Tu cherches à t’échapper et à te faire embaucher à tout prix
De quoi sera fait le surlendemain, tu ne veux même pas savoir
Et avant que tu ne t’en rendes compte, le pire s’est produit
On te demande ce que tu as fait ces dernières années
Comment tu expliques ta vie de camgirl à un homme en costard
Tu essuies refus après refus, tu penses à te saigner
Mais les patriarches que tu combattais ont l’appétit des charognards
Tu n’as plus qu’une seule option, recommencer à vendre ton corps
Parce que t’as encore deux enfants à nourrir et un loyer à payer
Est-ce que tu sais ce que ça fait, des cicatrices qui saignent encore
Harcelée, menacée, doxxée, noyée, trompée, traquée, broyée
Est-ce que tu sais ce que ça fait de ravaler ton envie d’en finir
T’as perdu l’envie de vivre, t’as perdu l’envie de mourir
T’as pas envie d’avoir un avenir, t’as juste envie d’être un souvenir
Homme, et si c’était à propos de ta fille que j’étais en train d’écrire ?

Hefka

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